EQEEV - Eco-quartiers et expérimentations écologiques en ville : entre dynamiques participatives et logique des usages. Une étude comparative en France et en Catalogne   

Responsable scientifique : Amandine GUILBERT - Groupe Recherche Action (GRAC), association loi 1901, Lyon et ollectiu per a la Recerca Social i Autònoma (COPSAT), ass. Barcelone

Résumé :

ENJEUX

Les réalisations des politiques environnementales en ville en passent par des investissements de forme spécifiques : bâtiments éco-compatibles, réduction des consommations d'énergie, modes de transport « doux ». Ces projets d'aménagement arrivent pour nombre d'entre eux dans une phase cruciale de leur développement : avant l'épreuve de leur durabilité, c'est d'abord, pour l'heure, celle de leur « habitabilité » qui est en jeu. Les collectifs qui nous intéressent se constituent dans de tels contextes, face à ces projets labellisés « durables », dans lesquels l'espace urbain alors reconfiguré doit fournir des prises aux « bonnes pratiques » des habitants en matière environnementale. Plus précisément notre recherche entend documenter comment les manières d'habiter la ville sont mises à l'épreuve de tels aménagements sur trois terrains spécifiques : par la mise en œuvre d'un projet d'écoquartier à Montreuil, la définition d'un « parc naturel » dans l'aire métropolitaine de Barcelone, et de manière plus ordinaire, dans le cadre de l'aménagement d'espaces verts ou de jardins partagés dans des espaces à haute densité de population à Toulouse.  

Le deuxième enjeu majeur de la recherche consiste à mettre à l'épreuve l'hypothèse selon laquelle c'est souvent en dehors des processus de concertation que s'élaborent aujourd'hui de nouvelles définitions de ce qui pourraient être les formes de ville non seulement durable mais habitable. 

TERRAINS

A Barcelone, les deux sites d'investigation se situent dans la montagne de Collserola jouxtant la capitale catalane : d'une part, le Consorci du Parc naturel de Collserola – l'entité publique qui gère le massif reconnu comme parc naturel en 2001 et à laquelle sont associés des processus de concertation ; d'autre part, le projet agroécologique du squat de Can Masdeu qui se situe dans ce même parc. Différentes activités prennent place dans ce lieu depuis son ouverture en 2001 : jardins communautaires autogérés, ateliers divers, fabrication de pains. Can Masdeu entretient des liens avec les habitants des quartiers voisins ainsi qu'avec les entités publiques et associatives qui participent à la gestion de Collserolla.

Du côté français, deux sites ont retenu notre attention : d'une part, à Toulouse, les Pavillons Sauvages, une ancienne caserne occupée illégalement depuis 2007 dans le quartier des Minimes. Ce lieu s'organise lui aussi autour d'une diversité d'activités ouvertes aux habitants du quartier (des concerts, mais aussi des jardins collectifs, une AMAP, ou encore un lieu d'accueil petite enfance) et se trouve traversé par différentes dynamiques écologiques ; d'autre part, la mise en œuvre d'un projet d'éco-quartier dans les Hauts-de-Montreuil, un des plus grands d'Europe, dans une « municipalité verte ». Dans ce cadre-là, nous nous sommes intéressés au dispositif de concertation associé, conduit par les Arpenteurs, une association reconnue pour défendre des principes participatifs. L'enquête a été surprise par l'émergence d'une diversité de collectifs qui ont fini par former une « coordination des habitants de Montreuil », réunissant des locataires, des propriétaires et des squatteurs. Cette forme naît dans le contexte des « grands projets » de la Ville et met au travail d'autres manières de penser la ville et l'écologie.

MÉTHODE

Le travail a été mené conjointement par une équipe lyonnaise et une équipe barcelonaise, l'une formée à la sociologie pragmatique, l'autre à l'anthropologie rurale, une composition collective qui introduit une pluralité de démarches d'enquête (observations, entretiens, analyse documentaire). En outre, les terrains situés en France et en Catalogne produisent des variations de contexte. Mais à la différence d'une stricte démarche comparative dont les résultats reposeraient sur la recherche d'invariants dans les phénomènes observés, l'enjeu consiste ici à rendre compte du caractère situé des expériences, à repérer des formes de correspondance, de résonance et de variation entre elles. 

PRINCIPAUX RÉSULTATS

Les critiques qu'adressent les collectifs rencontrés à la « ville durable » les obligent à s’engager dans une dynamique qui n’est pas d’abord celle de la conquête, mais de l’habiter. Lorsque la critique met en cause la capture d’un territoire par les politiques d'aménagement, elle ne cherche pas d’abord à s’opposer terme à terme à son objet, autrement dit à répondre à la conquête par la conquête. Mais elle oblige bien plutôt à expérimenter d’autres manières de se rapporter au territoire.

En mettant l'accent sur l'activité de ceux qui interrogent et/ou mettent en cause différentes modalités par lesquelles advient pour eux la ville durable et les dispositifs de participation proposés par les institutions, notre recherche en vient à dégager trois opérations qui nous permettent de penser la politique et l'environnement comme indissociable, autrement dit de faire valoir une écologie politique. 

Le premier résulte de la mise en crise de l'habiter par des projets urbains. Face à cette vulnérabilisation de l'habiter, les acteurs prennent la mesure du lien qui les attachent à leur environnement : un quartier, des coins de rue, une montagne. L'habiter apparaît alors comme étant toujours d'emblée un « habiter avec » ou un « cohabiter », qu'il s'agisse de cohabiter avec des voisins, ou avec des non-humains : forêts, buissons, chemins, pelouses ou rues goudronnées. La vulnérabilité rend la cohabitation manifeste parce qu'elle ouvre sur l'expression d'un souci, celui de ceux qui vivent là en tant qu'ils ne vivront peut-être bientôt plus là, suivant la manière dont les projets urbains redéfinissent les territoires et tranchent les questions de qui ou ce qui compte.  

Le deuxième enjeu est explicitement porté par la coordination des habitants de Montreuil, dans son nom même : coordonner/se coordonner. Cette opération découle de la précédente et permet d'en souligner la charge politique : cohabiter, c'est tenir compte de ceux qui sont là sans avoir décidé par avance de ceux qui comptent et de ce qui compte. Coordonner, c'est arriver à faire exister sur un plan commun des valeurs, perceptions et usages radicalement différents les uns des autres, à entreprendre des actions conjointes sans ôter à chaque groupe son autonomie d'action et de pensée.

Se coordonner, c'est donc co-ordonner les différentes manières d'habiter, mais c'est aussi redonner au monde rendu étranger voire hostile par les réaménagements des coordonnées permettant de s'orienter dans une ville en transformation, et partant, le faire advenir comme commun. 

En cet endroit, nous rencontrons le troisième enjeu, celui de la communisation des espaces (équipements collectifs, espaces publics, terres agricoles), mais aussi des savoirs et savoirs-faire (environnementaux, agroécologiques). Ou c'est peut-être encore de communalisation dont il faudrait parler, comme le suggère la notion de « communaux » – au sens que ce terme a dans le monde rural : ces espaces qui n’appartiennent à personne, qui ne sont ni du domaine du « public », ni du domaine du « privé ». Bien loin que de redéfinir l'espace vert, la terre, les parcelles habitées en propriété – y compris en propriété d’usages –, les usages développés par les habitants des collectifs et les êtres qui leur sont associés (voisins, oiseaux, routes goudronnées, jardins) sont inappropriables, parce que de l’ordre de ces terres rurales qui servent aussi bien de lieu d’accès et de passage, que de chemins. Mais les « communaux » sont aussi du même coup ces espaces dont ceux qui sont sans terre peuvent user pour glaner, obtenir du fourrage et cultiver la terre. 

Ces trois enjeux : cohabiter, coordonner, communiser ou communaliser, intriquent environnement et politique d'une manière qui interroge ce qu'il en est de la concertation ou encore de la participation à propos des questions environnementales. Il s'agit bien par là pour les collectifs qui nous ont intéressés, et qui dessinent une politique de plein air, d'engager une sortie de la participation telle que préfigurée au sein des dispositifs institués. Pour autant, ce qui est en jeu sur les terrains, est tout autre chose, d'une part, que la critique des dispositifs de participation, d'autre part, que la mise en œuvre de modalités alternatives de participation. Ce qui compte pour la coordination, les Pavillons Sauvages ou Can Masdeu, ce n'est pas de sortir du monde pour expérimenter en chambre d'autres modes de gouvernement des êtres, mais de prendre part au monde et de redécouvrir ainsi le sens fort du verbe participer. Prendre part, c'est composer avec ceux qui sont là mais qu'on n'attendait pas forcément ; plus particulièrement, en avoir le souci lorsque leur présence est mise à mal par les politiques de réaménagement.

 

Concertation et coproduction de la propreté des rues. Terrains comparés à Mulhouse et Besançon (France), Rufisque (Sénégal) et Mohammedia (Maroc)  

Rapport finalsynthèse  et résumé sont en ligne

Responsable scientifique : Christian GUINCHARD - Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LASA/UFC, EA 3189) Université de Franche-Comté

  • Durée : 24 mois

Résumé : 

Cette enquête visant à mieux comprendre la concertation nécessaire à la coproduction de la propreté des rues a montré que la relative invisibilité de certains déchets est un obstacle à la concertation. Cette difficulté est clairement apparue lorsque nous avons confié des appareils photographiques à des habitants afin qu’ils nous montrent ce qui leur semblait sale ou propre dans leurs rues. Les objets choisis étaient différents – ou avaient un sens différent - de ceux que montraient les professionnels et les militants associatifs dans leurs campagnes de sensibilisation. Partant de là, nous avons pu voir la question de la responsabilisation se muer en dénonciation réciproque entre les services et les habitants. De plus, par delà les discours, nous avons pu montrer comment les gestes des uns s’accordaient difficilement à ceux des autres. Ainsi, faisant obstacle à la mise en place d’une coproduction, sévit une profonde coupure entre salisseurs et nettoyeurs. À Mulhouse et à Rufisque, sur la base d’une assimilation stigmatisante des salissures et des salisseurs, ces tensions donnent lieu à une politisation de la question. Cependant, l’ancrage des habitants dans des espaces d’interconnaissance se traduisant par une forte attention à l’environnement quotidien nous a paru une base de travail prometteuse. 

Abstract

This research enquiry aimed at better understanding the concert that is necessary to coproduce the cleanliness of urban streets. The results showed that the relative invisibility of certain kind of waste can impede on this concert process. This issue clearly emerged as we distributed cameras to local inhabitants to acquire their perception of what they thought of as dirty or clean in their streets. The selected items varied in types and meaning from those highlighted by the surrounding professionals and activists in their sensibilization campaigns. This realization allowed us to observe more clearly the question of the responsibility surrounding waste, which was left to a reciprocal denunciation between the services and the inhabitants. 

Beyond the discourse, we showed how the behaviors of the respective parties were highly antithetical. As an outcome, this gap between “those who dirty” and “those who clean” hinders the coproduction process. In Mulhouse, France and Rufisque, Senegal, these tensions lead to a politicization of the issue, out of a stigmatizing assimilation of both groups. 

However, anchoring the inhabitants within knowledge-sharing spaces focusing on the everyday environment seemingly appears to be a promising working plan.

 

La concertation citoyenne dans les projets d'éco-quartiers en France : évaluation constructive et mise en perspective européenne

Sont en ligne le rapport final (tome 1  et tome 2 ) le résumé  et la synthèse 

Responsable scientifique :
Jodelle ZETLAOUI-LEGER -
Lab'Urba

Durée : 36 mois

Résumé :

Éclairée par les enseignements tirés d'expériences européennes, cette recherche propose une évaluation nationale des premiers projets d’écoquartiers français, en considérant l’implication des habitants, dans son lien avec les problématiques environnementales, comme objet central d'investigation.

Alors que la participation des habitants est considérée comme l'un des piliers du développement durable, comment les collectivités locales ont-elles appréhendé cette injonction ? Comment les habitants et le monde associatif se sont-ils mobilisés dans ces opérations ? Quelle a été la "portée" des actions participatives engagées sur la fabrication des projets et plus précisément sur les décisions prises ? Comment se sont positionnés, lors des expériences participatives menées, les savoirs et savoir-faire habitants par rapport à ceux des professionnels de l'aménagement et de la construction ? 

Telles sont les principales questions qui ont guidé cette recherche menée entre 2010 et 2012, à partir de deux enquêtes par questionnaires et de huit études monographiques.

La première partie du rapport aborde les conditions d’émergence de la notion d’écoquartier en France et s’intéresse aux grandes caractéristiques des premières opérations qui y ont été affiliées. Elle s’intéresse également aux relations que l’État a engagé avec les collectivités locales à l’occasion de ses appels à projets de 2009 et 2011. La deuxième partie propose une vision d’ensemble des niveaux d’implication des habitants atteints à l’occasion de ces opérations, en établissant des liens avec les enjeux de développement durable poursuivis. Elle examine aussi précisément les ingénieries de projet mises en place par les collectivités dans le cadre de démarches participatives avancées. Enfin, la troisième partie analyse la portée des expériences menées pour différents protagonistes : les maîtres d’ouvrage urbains, les groupes d’habitants organisés et les professionnels de la conception engagés dans un processus de transformation de leurs pratiques. 

Publication issue de la recherche :

FENKER (Michael), « La fabrication des écoquartiers comme espace d'apprentissage pour la maîtrise d'ouvrage urbaine », in DEBIZET (G.), Godier (P.), Architecture et urbanisme durables : modèles et savoirs, Cahiers RAMAU n°7, 2015, pp 184 - 200.

GARDESSE (Camille), Grudet (Isabelle), « Continuité et discontinuité de l'implication des habitants dans les écoquartiers. Le cas de la Zac Pajol à Paris. », Développement durable et Territoires, à paraître en automne 2015

GRUDET (Isabelle) - « Le « moment écoquartier ». Expérimentations et labellisation », Cahiers Ramau n°7, p. 22-37, 2015.

GRUDET (Isabelle) - "Mobilisation, méfiance et adaptation des architectes devant la demande de durabilité", dossier "Fabriquer la ville à l'heure de l'injonction du durable", in Métropolitiques, métropolitiques.eu, mis en ligne le 14 décembre 2012.

ZETLAOUI-LÉGER (Jodelle), dir., L'aménagement urbain durable : la participation citoyenne. Cahier méthodologique de l'AEU2. ADEME, à paraître en 2016.

ZETLAOUI-LEGER (Jodelle) –"L'implication des habitants dans les projets d'écoquartiers en France. Vers des démarches intégrées.", in Cahiers Ramau n°6, 2013, pp. 239-254.

ZETLAOUI-LEGER (Jodelle) – "Qu'est-ce que l'appropriation ?" in Contribution scientifique et technique sur la notion d'appropriation dans les opérations d'aménagements urbains durables, Union Sociale de l'Habitat -MEDDTL/AD4, 2012, pp. 12-17.

ZETLAOUI-LEGER (Jodelle) – "L'association des acteurs, des usagers, des habitants, des « concernés » in Contribution scientifique et technique sur la notion d'appropriation dans les opérations d'aménagements urbains durables, Union Sociale de l'Habitat -MEDDTL/AD4, 2012, pp. 50-59.

 

Pratiques professionnelles, marchés & politique. Dispositifs de normalisation environnementale en viticulture et processus délibératifs

Responsable scientifique : Didier BUSCA - CERTOP Université Toulouse-le-Mirail

Mots-clés  :  vitiviniculture, pesticides, dispositif de normalisation environnementale, concertation, délibération, prise de décision, action publique

Résumé : 

La conception de systèmes viticoles économes en pesticides et de techniques alternatives au « tout chimique » reste un défi tant pour les pouvoirs publics que pour les professionnels du secteur et les viticulteurs. L’objectif de la recherche, menée par le CERTOP et l’EI Purpan, a visé à accompagner un projet intitulé « Zéro Herbi Viti » - piloté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin Sud-Ouest (IFV SO) - dont la finalité est la suppression totale des herbicides en viticulture par l’expérimentation/essai de pratiques alternatives au désherbage chimique. Les essais se sont déployées sur cinq territoires de production vitivinicole (AOP/IGP) : AOP Haut-Médoc, AOP Entre-deux-mers/Bordeaux supérieur, AOP Cahors, AOP Madiran, IGP Côtes de Gascogne. Pour mieux saisir les conditions d’émergence et de transfert des systèmes économes en herbicides en viticulture, nous souhaitions observer - aux interstices de l’action publique et professionnelle - les marges d’actions collectives qui s’inventaient, au gré des mises en débat (et en œuvre) du projet « Zéro Herbi Viti », entre organisations professionnelles vitivinicoles et agence de l’eau Adour-Garonne. Il s’agissait alors d’analyser – à partir d’une méthodologie de recherche qualitative et quantitative - les formes inédites de coopération concertation participant de co-construire des dispositifs émergents de normalisation environnementale. 

Quel est l’impact de ces formes de coopération-concertation sur l’action environnementale ? L’herbe - comme alternative et mobile de l’action collective - a fait l’objet de nombreuses transformations dans sa forme technique. C’est à cette condition que le collectif d’acteurs a tenu ensemble : le collectif défendant l’idée même de techniques alternatives flexibles et adaptables. Comment expliquer cette forte variabilité du choix dans la définition des alternatives ? Les modes d’existence de l’herbe relèvent dans une moindre mesure d’arguments agro-techniques que d’enjeux liés à l’emprise/déprise des opérateurs économiques sur le conseil et aux logiques marchandes de valorisation des vins produits… parfois, seulement, aux caractéristiques mêmes des viticulteurs. Ils donnent à voir trois espaces sociaux d’adaptation de l’alternative au désherbage chimique : celui de l’adaptation marchande, celui de la contre-expertise agro-technique et celui de la conformité à la prescription. 

Chaque espace renvoie à une variation d’appropriations de l’herbe dans ses formes techniques et relationnelles. Variations permettant alors d’interroger les modalités concrètes d’action permettant aux alternatives de se déployer. A variabilité d’espaces, variabilité de réponses. Ce résultat montre que les dispositifs, même s’ils poursuivent comme objectif commun la suppression des herbicides, ne peuvent plus être appréhendés de façon standardisée - ce qui représente par ailleurs un réel défi pour les pouvoirs publics… - car chaque situation révèle une configuration singulière liée à la nature des enjeux professionnels agricoles. Adapter les solutions équivaut alors à s’adapter à la réalité de ces enjeux, à s’assurer de la coopération des professionnels agricoles – si ces derniers sont impliqués, dès l’amont des dispositifs, à l’entre-définition des solutions et des mises en partenariat. Les contenus et objectifs implicites de l’action publique peuvent alors varier en fonction des situations: renforcement/élargissement des partenariats existants, élaboration/diffusion de référentiels agrotechniques…, ces orientations permettant tout autant de sceller les alliances avec le monde professionnel que de s’assurer que les solutions techniques permettent de répondre pleinement aux enjeux de protection de la ressource en eau.

 

SEMIPAR - Secret militaire et participation : le cas des installations nucléaires de base secrètes

Responsable scientifique : Philippe BILLET - Institut du droit à l'environnement - Université Jean Moulin - Lyon 3

Résumé :

Le secret de la défense nationale peut-il légitimement, dans une société démocratique, être opposé au public dès lors qu’il s’applique à des activités nucléaires et industrielles susceptibles de nuire aux personnes et à l’environnement ? 

Des juristes, politistes, sociologues et géographes des universités de Lyon, Dijon, Besançon et Caen ont conduit l’étude pluridisciplinaire Secret Militaire et Participation (SEMIPAR) sur trois sites militaires nucléaires : le centre CEA de Valduc, l’arsenal de Cherbourg (DCNS), l’établissement d’Indret (Nantes) DCNS. 

Face à la puissance stratégique et juridique du secret défense, le droit à l’information du public génère des conflits dont la solution est fonction de la légitimité respective de chacun des intérêts en présence. Il a conduit les juridictions à réduire au minimum le champ des informations couvertes par le secret. S’il n’y a pas de contraction de principe entre le secret et la démocratie, car ce sont les raisons d’être ensemble qui permettent de maintenir la légitimité du secret, les abus du secret défense et son utilisation comme instrument de contrôle de la participation laissent douter de son utilisation légitime. 

Inefficace comme le démontre le floutage des cartes satellitaires, sans effectivité sur les stratégies industrielles internationales et sans incidence sur les procédures participatives, le secret défense ne pourra plus longtemps confisquer le débat sur le nucléaire.