Concertation et coproduction de la propreté des rues. Terrains comparés à Mulhouse et Besançon (France), Rufisque (Sénégal) et Mohammedia (Maroc)  

Rapport finalsynthèse  et résumé sont en ligne

Responsable scientifique : Christian GUINCHARD - Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LASA/UFC, EA 3189) Université de Franche-Comté

  • Durée : 24 mois

Résumé : 

Cette enquête visant à mieux comprendre la concertation nécessaire à la coproduction de la propreté des rues a montré que la relative invisibilité de certains déchets est un obstacle à la concertation. Cette difficulté est clairement apparue lorsque nous avons confié des appareils photographiques à des habitants afin qu’ils nous montrent ce qui leur semblait sale ou propre dans leurs rues. Les objets choisis étaient différents – ou avaient un sens différent - de ceux que montraient les professionnels et les militants associatifs dans leurs campagnes de sensibilisation. Partant de là, nous avons pu voir la question de la responsabilisation se muer en dénonciation réciproque entre les services et les habitants. De plus, par delà les discours, nous avons pu montrer comment les gestes des uns s’accordaient difficilement à ceux des autres. Ainsi, faisant obstacle à la mise en place d’une coproduction, sévit une profonde coupure entre salisseurs et nettoyeurs. À Mulhouse et à Rufisque, sur la base d’une assimilation stigmatisante des salissures et des salisseurs, ces tensions donnent lieu à une politisation de la question. Cependant, l’ancrage des habitants dans des espaces d’interconnaissance se traduisant par une forte attention à l’environnement quotidien nous a paru une base de travail prometteuse. 

Abstract

This research enquiry aimed at better understanding the concert that is necessary to coproduce the cleanliness of urban streets. The results showed that the relative invisibility of certain kind of waste can impede on this concert process. This issue clearly emerged as we distributed cameras to local inhabitants to acquire their perception of what they thought of as dirty or clean in their streets. The selected items varied in types and meaning from those highlighted by the surrounding professionals and activists in their sensibilization campaigns. This realization allowed us to observe more clearly the question of the responsibility surrounding waste, which was left to a reciprocal denunciation between the services and the inhabitants. 

Beyond the discourse, we showed how the behaviors of the respective parties were highly antithetical. As an outcome, this gap between “those who dirty” and “those who clean” hinders the coproduction process. In Mulhouse, France and Rufisque, Senegal, these tensions lead to a politicization of the issue, out of a stigmatizing assimilation of both groups. 

However, anchoring the inhabitants within knowledge-sharing spaces focusing on the everyday environment seemingly appears to be a promising working plan.

 

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